Prix Média 2016


Prix Média et Prix Média d'encouragement 2016

Keystone
de gauche à droite: Sarah Perrig, Lison Méric, Julian Schmidli

Le Prix Média 2016 a été décerné à Lison Méric pour son reportage « J’entends des voix », diffusé dans l’émission « 36.9° » de la RTS le 16 décembre 2015.

Sept contributions sur 54 ont été retenues :
• Irène Dietschi, Das Ende der modernen Medizin, Der Beobachter, juin 2016
• Pascal Fleury, La Suisse des batailles, La Liberté, 27 – 31 juillet 2015
• Otto Hostettler, Darknet. Die Schattenwelt des Internet, Der Beobachter, avril 2016
• Lison Méric, J’entends des voix, RTS 36.9°, 16 décembre 2015
• Barabara Reye, Lust auf Duft, Tages-Anzeiger, 24 décembre 2015
• Christophe Ungar, Poissons et rivières suisses, l’agonie, RTS Temps présent, 14 janvier 2016
• Michael Weinmann, Die Schweiz im Weltall, SRF Aktuell, 21 – 25 septembre 2015

Le Prix Média Newcomer 2016 a été attribué à Julian Schmidli et Timo Grossenbacher de l’équipe SRF Data. Leur contribution s’intitule « Die Interessenbindungen der Schweizer Universitäten ».

Les prix ont été remis le 23 septembre 2016 au cours session Break « Journalisme scientifique d’investigation » dans le cadre du SwissMediaForum, le congrès suisse des médias à Lucerne.

Communiqué de presse
Foto Lison Méric
Foto Lison Méric et Sarah Perrig
Foto Julian Schmidli
Foto Timo Grossenbacher

 

Prix Média d’encouragement 2016

Les quatre académies de l’association ont décerné les prix Média d’encouragement pour des idées de projets pertinentes et originales.

SCNAT (Académie suisse des sciences naturelles)
  • Julie Zaugg et Clément Bürge, Pollution en Chine : L’impact humain (7,500.-)
ASSH (Académie suisse des sciences humaines et sociales)
  • Jonas Baumberger, Servan Grüninger, Michaela Egli : Ghosts in the Shell: Mensch, Maschine, Geist(er) (3,750.-)
  • This Wachter, 1918 goes viral (3,750.-)
ASSM (Académie suisse des sciences médicales)
  • Serena Tinari : Black Box (7,500.-)
ASSI (Académie suisse des sciences de l’ingénierie)
Aucun prix attribué 
 

Lison Méric en collaboration avec Sarah Perrig: « J’entends des voix »


Laudatio d' Isabelle Moncada

Lison Meric est journaliste, Sarah Perrig est réalisatrice. Elles signent ensemble un documentaire à la fois très humain et très scientifique sur un phénomène qui fait peur et qui est entouré de nombreux préjugés: le fait d’entendre des voix. Les personnes qui vivent ce phénomène extrêmement angoissant sont dirigées vers les services de psychiatrie où un diagnostic de schizophrénie est souvent posé, avec ce qui suit: prescription de neuroleptiques, stigmatisation, désocialisation, paupérisation.

Le reportage nous apprend que l’on peut expérimenter cet étrange phénomène sans être schizophrène. Les enfants - dont le cerveau est en pleine maturation-transformation - les expérimentent souvent. Tout comme les personnes très agées ou en fin de vie. Cela vous est peut-être même déjà arrivé, à la sortie d’un rêve, ou lors d’une forte fièvre. Aujourd’hui, en dépit des progrès des neurosciences et de l’imagerie du cerveau, personne n’est capable de dire si ces hallucinations auditives sont le symptôme de troubles psychiatriques graves ou si c’est un disfonctionnement neurobiologique qui fait que le cerveau génère ces voix, ce qui a de quoi rendre fou. Ce que l’on sait en revanche, c’est qu’un minuscule dysfonctionnement peut avoir des conséquences extrêment handicapantes, comme celui d’avoir des hallucinations auditives.

Le travail de Lison Meric et Sarah Perrig est remarquable à plusieurs tire: premièrement elles ont réussi à établir un lien de confiance si puissant que les témoins ont accepté de parler à visage découvert devant la caméra, ce qui est très courageux. Dire que l’on entend des voix est extrêment difficile dans cette époque et cette société. Cela engendre immédiatement de la méfiance et de la peur, à cause des cas très médiatisés de schizophrènes ayant passé à l’acte.
Deuxièmement elles révèlent à quel point les patients psychiatriques et leurs soignants restent les parents pauvres d’un système de santé pourtant très performant. Des parents pauvres en terme de moyens, mais surtout de considération. Soigner les malades du cœur est malheurement plus prestigieux que de soigner ceux dont le cerveau dysfonctionne.

Et enfin elles ont mis le doigt sur l’importance d’un rapporchement entre les neurosciences et la psychiatrie clinique. Deux disciplines qui travaillent chacune dans son silo, et qui ont du mal à dialoguer.

Ça c’est pour le contenu journalistique du film. En terme de réalisation, les effets très subtils sur certaines images parviennent à nous plonger dans un sentiment d’étrangeté, ou l’on ne sait plus ce qui est la réalité, ce qui est le fruit de notre imaginaire. De manière très subtile le reportage nous amène vers le trouble et l’angoisse que l’on doit ressentir quand on ne peut plus se fier à ses sens, quand les stimuli extérieur ne sont plus clairement distinct des informations que le cerveau génère lui-même. C’est donc à la fois le choix audacieux d’un sujet difficile, son traitement journalistique et sa mise image qui valent aux deux lauréate d’être là ce matin.

Je vais leur demander de nous rejoindre sur la scène pour recevoir leur prix tout en vous disant deux mots sur elles : Lison Meric a grandi à Saint Imier. Elle est tombée dans le journalisme très jeune, puisqu’à 17 ans déjà elle a écrit ses premiers articles, avant d’écre des livres et de faire une très belle carrière à la radio. Depuis qu’elle travaille à la télévision elle a enquêté notamment sur le scandale du mercure en valais. Sarah Perrig a vu le jour en valais, elle a fait ses études à Genève puis a voyagé, notamment en amérique du sud où elle a réalisé plusieurs de ses films avant de signer la réalisation de nombreux documentaires pour plusieurs magazines dont Temps Présent.

Au nom des Académies suisses des sciences nous vous félicitons pour le Prix Média 2016.


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